Menaces sociales et environnementales

Menaces sociales et environnementales


Les recherches regroupées sous cet axe  se situent à différents niveaux d’analyse, elles intègrent la question du contrat social implicite et des menaces sociétales et témoignent de l’intérêt du laboratoire pour les thématiques collectives (concept de menace collective).

L’image de soi fait partie des représentations les plus accessibles en jouant un rôle catalyseur dans la sélection d’autres informations à traiter en priorité. Un événement qui met en cause directement ou indirectement l’image positive du soi constitue une menace du soi. Se posent alors la question des conséquences de cette menace et celle des stratégies de faire-face. Deux projets du laboratoire devraient contribuer à y répondre.

    • Le premier, plus restreint, concerne les conséquences de la menace du soi directe souvent étudiées en termes des concepts de soi et/ou d’estime de soi, mais plus rarement en termes de certitude de soi. L’objectif est d’explorer l’idée selon laquelle les individus ayant une haute estime de soi perçoivent un événement comme menaçant s’il altère leur estime de soi. En revanche, pour les individus qui ont une faible estime de soi ce sont les événements qui mettent en cause la certitude de soi qui sont perçus comme menaçants.
    • Le second projet, plus vaste, pose la question de la protection du soi contre les menaces réelles/symboliques par le biais d’un « contrat implicite ». Ce contrat suppose qu’afin de s’assurer de sa propre existence (réelle/symbolique) et de la valeur attribuée au soi comme être signifiant, l’individu cherche à s’intégrer dans la société et dans les groupes qui la composent. Appartenir à ce monde significatif exige en échange le respect d’un contrat moral implicite entre soi et la société. Autrement dit, en tant que membre significatif de la société, c’est en suivant les règles et les normes imposées par la société que l’individu donne un sens à son existence et gagne l’estime de soi. Une partie des travaux du laboratoire est consacrée à l’étude et à l’analyse des processus qui permettent aux individus de développer et de maintenir des croyances normatives et morales sous-jacentes à leurs appartenances sociales. Ces croyances fondamentales, correspondant à des « idéologies profondes », peuvent en effet intervenir en tant que structure mentale complexe et déterminer le comportement de l’individu vis-à-vis du monde social au quotidien. Nos travaux visent alors à déterminer, chez l’enfant et l’adulte, dans quelle mesure le développement et l’application de ces perspectives sociales fondamentales ou « idéologies profondes » dépendent de la nature menaçante du contexte social et quelles en sont les conséquences. Or, la littérature existante montre que le développement dans un contexte social menaçant (disciplines autoritaires et/ou instables ; Olweus, 1993) serait favorable à la formation d’une position morale de victimisation en fonction de l’interprétation de la menace personnelle subie en termes de frustration justifiée ou de frustration arbitraire. L’intégration sociale des enfants, mais également des adultes, dépend souvent de la façon dont ils gèrent ces frustrations dans le temps et dans l’espace. Si la société assure la protection de ses membres, elle constitue aussi une source de menaces. En se situant dans une perspective plus sociétale, une partie de nos recherches s’attache à l’étude des émotions collectives (notamment culpabilité collective, indignation collective et peur collective) en lien avec des problématiques sociales (pauvreté, immigration, chômage), historiques (colonisation française en Algérie) et environnementales (changement climatique). Ces recherches visent l’identification des antécédents de ces problématiques sociales, historiques et environnementales (responsabilité perçue : l’institution ou le groupe ; contexte normatif : norme de non repentance pour la colonisation française en Algérie ; l’identification au groupe d’appartenance, orientation politique) en termes de menaces collectives. Certaines parmi elles (cf. changement climatique), menées dans une perspective comparative (France/Allemagne), ont pour objectif de vérifier l’hypothèse selon laquelle un même évènement menaçant peut donner lieu à des sentiments différents en fonction du contexte socioculturel de son apparition.

Par ailleurs, dans une perspective pluridisciplinaire, l’équipe apportera son expertise dans le cadre d’une étude qui abordera les enjeux environnementaux du point de vue de l’accès de l’individu aux ressources, mais aussi de l’articulation individu/société dans la gestion des « biens communs » (ANR-DEMOENV). L’interrogation porte sur la conciliation entre l’efficacité environnementale et la légitimité démocratique. L’aspect traité concernera en particulier les conditions d’adoption des comportements écologiquement compatibles, mais aussi les conditions d’acceptation des régulations institutionnelles ainsi que le rôle des valeurs et du cumul des vulnérabilités sociales et environnementales.

 

 

Exemple de recherches


En construction

Logo Université Paris Descartes

Back to Top