Antonin Carrier (Université Catholique de Louvain) : Voir autrui comme étant moral ou sociable, pour quoi faire ?

Antonin Carrier (Université Catholique de Louvain) : Voir autrui comme étant moral ou sociable, pour quoi faire ?

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Date et Lieu : Lundi 15 janvier 2018 à 14H00
Salle 5028

Une des leçons les plus élémentaires émanant de la littérature sur la perception sociale est que la perception sert l’action. Ceci est surtout vrai pour les perceptions sur la dimension « Chaleur ». Ainsi aura t-on tendance à approcher une personne chaleureuse et à éviter une personne froide. Or nous savons aussi depuis une dizaine d’années que cette dimension « Chaleur » est composée de deux facettes, la moralité et la sociabilité. Une question s’impose alors : en quoi les perceptions de moralité et de sociabilité servent l’action ? Pour répondre à cette question, nous pensons qu’il est nécessaire de tenir compte de la nature paradoxale de la socialité humaine. L’Homme est un « animal social ». La présence d’autrui est nécessaire à son épanouissement, et son absence problématique. Mais l’Homme est aussi « un loup pour l’homme ». La nécessaire présence d’autrui peut également s’avérer problématique, parce qu’elle peut être synonyme d’agression ou d’exploitation. Nos recherches suggèrent que les tendances à l’action suscitées par les perceptions de moralité et de sociabilité ont pour fonction de répondre à ces deux problématiques. Dans une série d’études, nous montrons que les perceptions de sociabilité (vs. moralité) donnent naissance à une motivation d’approche affiliative permettant de répondre à la problématique de l’absence d’autrui. Au contraire, les perceptions d’immoralité (vs. asociabilité) donnent lieu à une motivation d’évitement dont la fonction est de répondre à la problématique de la présence d’autrui.

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