Croyances aux théories du complot : Se sentir unique malgré le stigmate (Anthony Lantian)

Croyances aux théories du complot : Se sentir unique malgré le stigmate (Anthony Lantian)

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Le séminaire sera  présenté par Anthony Lantian (Paris Nanterre), et aura lieu le Lundi 12 Juin à 14h en salle 5028

Résumé :

Après la survenue d’un événement tragique, certaines voix s’élèvent pour nous suggérer que les choses ne se sont pas réellement passées comme annoncées. Elles auraient en fait pour origine la planification dans l’ombre d’un petit groupe de personnes ayant des intentions malveillantes, dissimulant leur implication, explications parfois désignées comme « théories du complot » (Keeley, 1999).

Des recherches antérieures ont montré que les personnes disposant d’un haut besoin d’unicité (i.e., besoin de se sentir unique, Snyder & Fromkin, 1980) sont attirées par ce qui est rare (Lynn, 1991). Compte tenu du caractère rare et secret intimement associé aux théories du complot, nous faisons l’hypothèse que le besoin d’unicité joue un rôle dans l’adoption des croyances aux théories du complot. Il sera question de présenter quatre études que nous avons menées afin de tester cette hypothèse (Lantian, Muller, Nurra, & Douglas, sous presse). Les résultats témoignent du rôle du besoin de se sentir unique dans les croyances aux théories du complot.

Malgré cet aspect valorisant aux yeux des théoriciens du complot, les théories du complot et ceux qui y adhèrent sont loin d’être perçus positivement par la plupart des individus. En effet, tout laisse à penser que les personnes qui adhèrent aux théories du complot seraient porteuses d’un stigmate social (Harambam & Aupers, 2016 ; Wood, 2015 ; Wood & Douglas, 2013 ; Wood & Douglas, 2015). En ce sens, d’après Husting et Orr (2007), étiqueter une personne de « théoricien du complot » est une manière efficace de l’exclure du débat public tout en la décrédibilisant. Seulement, les données empiriques directes en faveur d’une image majoritairement négative des théories du complot viennent encore à manquer.

Afin d’aller plus loin, nous avons mené deux études montrant que le simple fait d’amener des individus à défendre une théorie du complot (versus la critiquer) amène les participants à anticiper une évaluation négative venant d’autrui, responsable à son tour d’une plus grande peur de l’exclusion sociale. Une dernière étude montre que les émotions morales (e.g., émotion de honte) expliquent une part de variance unique dans l’effet observé dans les deux études précédentes. Pour terminer, nous nous demanderons enfin si cette image négative des théories du complot diffère ou non en fonction du niveau de base des croyances aux théories du complot.

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